La révolution douce

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ça va mieux en le disant

« Perdar su vidad para ganarla » disent les espagnols, perdre sa vie pour la gagner, c’est ce dont trop de gens font l’expérience aujourd’hui.

On nous a inculqué la « valeur travail » comme un incontournable, mais actuellement la multiplication à travers le monde « civilisé » de ceux qu’on appelle pudiquement les « travailleurs pauvres » (qu’on nommait autrefois les miséreux), cad de tous ceux qui s’usent la vie au moins huit heures par jour (souvent beaucoup plus) à tenter de gagner leur croûte, en effectuant un travail qui ne les intéresse pas (ou pas au point d’y consacrer la plus grande partie de leur vie),  ou un travail qui les intéresse, mais dans des conditions stressantes, épuisantes ou dégradantes, et qui ne parviennent avec leurs maigres revenus au mieux qu’à survivre, nous fait prendre conscience de la supercherie.

Je parle aussi de tous ceux qui s’épuisent au travail (finissant par déclarer une maladie mortelle ou invalidante à l’orée de la retraite, infarctus, cancer ou autre), même s’ils gagnent correctement leur vie, parce que le monde du travail est devenu tel aujourd’hui qu’on ne peut se permettre de lever le pied sous peine de perdre ce taff qui nous fait vivre.

On travaille pour de mauvaises raisons, on ne devrait pas avoir à le faire pour gagner sa vie (on l’a gagnée le jour de notre naissance !), le minimum nécessaire pour vivre devrait être un acquis pour tous, qu’on travaille ou pas (c’est l’idée du revenu universel, mais nous en reparlerons ailleurs). On devrait travailler pour se faire plaisir et aider les autres. Le meilleur travail est celui qu’on n’a pas l’impression d’effectuer tant on aime ce qu’on fait, ce serait un travail qui devrait apporter un plus aux autres, qu’on soit artiste, artisan, enseignant, soignant ou quoi que ce soit d’autre, qu’on pourrait effectuer à son rythme et pour lequel on serait son propre patron.

« Moi je ne sais pas ce que j’aimerais vraiment faire comme travail, j’ai surtout besoin de me reposer »

Oui, il faut commencer par là, se reposer, tt arrêter pour laisser émerger ce qui vient du plus profond de toi, ce qui te motivera vraiment comme activité pas forcément lucrative,  lorsque tu seras moins épuisée. Ensuite cette activité pourra peut-être te permettre de gagner ta croûte, pas de faire fortune. Le travail n’est pas une valeur, c’est seulement un moyen de « gagner sa vie ».

C’est à cause de cette valeur travail que les gitans (ou roms ou gens du voyage, on les désigne de plein de façons) ne sont pas bien acceptés dans la société, parce qu’ils ne font pas du travail le centre de leurs préoccupations, souvent jouer de la musique est plus important à leurs yeux.

Mais les gens les plus adaptés à cette société décadente ne sont-ils pas les plus malades psychiquement, les plus éloignés de leur Soi profond, les plus à plaindre finalement ?

« Et tu veux révolutionner tout ça ? »

Oui, mais en douceur, parce que l’histoire nous a montré que la révolution peut déboucher sur la terreur, alors tentons la révolution douce.

« Ca ne te paraît pas antinomique ? Tu veux faire une omelette sans casser d’œufs ! »

Un inventeur et écrivain américain, Richard Buckminster Fuller a dit :

« On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra l’ancien inutile. »

« Et tu ne pense pas qu’on pourrait tenter d’améliorer les choses, tu crois vraiment que c’est le moment de tt changer ? »

Oui, j’ai l’impression qu’on arrive à ce que les grecs appellent Kairos, le temps opportun, le moment propice. De plus en plus de gens dans le monde rejettent cette société inhumaine de l’esclavage, du stress, du non-sens. On a touché le fond, c’est le bon moment pour changer.

« Et tu comptes t’y prendre comment ? »

En vivant ma vie comme je l’entends, en dehors des sentiers battus.

« En fait tu ne fais que tirer ton épingle du jeu »

Pas du tout, je montre la voie.

« Rien que ça ! T’aurais pas pris la grosse tête ? »

Non, nous sommes de plus en plus nombreux à montrer l’exemple. Il suffit de faire sa part de colibri (voir « zéro déchet« ), et si on est suffisamment nombreux à être le changement qu’on veut voir dans le monde, alors ce changement s’imposera de lui même.

« Tu veux faire du prosélytisme, quoi ? »

Pas du tout, j’ai toujours eu en horreur le prosélytisme, notamment celui des religions.

Lorsque mes enfants étaient petits, ils étaient très copains avec les enfants de la personne qui assurait le catéchisme et elle a tenté d’avoir une influence sur eux pour les inciter à devenir catholiques qd ils seraient plus grands, je trouve ça lamentable d’instrumentaliser des enfants et c’est à mes yeux un des points noirs qui discréditent toutes les religions.

Et je ne m’étendrai pas sur le prosélytisme de l’islam qui a engendré le terrorisme islamiste avec son cortège de violences aveugles et qui de plus fait du tord à toute la population musulmane en entretenant le racisme à son encontre…

« Tu m’as toujours dit que la religion juive n’était pas prosélyte… »

Non, pas avec les non juifs, d’ailleurs il est très compliqué de se convertir au judaïsme si l’on n’est pas né juif, les juifs se considèrent comme le « peuple élu » et n’est pas élu qui veut ! Mais avec les « brebis égarées » (les juifs non croyants et/ou non pratiquants), pour « gagner leur paradis », certains juifs religieux (pas tous, heureusement !) peuvent même en arriver à se montrer très prosélytes, c’est extrêmement désagréable, on se sent instrumentalisé !

Bref, tout ça pour dire qu’il ne s’agit pas du tout de prosélytisme, je ne peux pas supporter ça, si chacun d’entre nous faisait preuve d’un minimum d’humilité, nous serions conscients que ce qui est bon pour nous à un moment donné ne l’est pas forcément pour tel autre au même moment, ni même pour nous-même à un autre moment. Il s’agit simplement de montrer par sa façon de vivre qu’une autre voie est possible. Si nous sommes suffisamment nombreux à montrer qu’il existe d’autres voies, et qu’une grande partie de nos contemporains nous emboîte le pas, toute l’humanité changera l’orientation de son évolution. On pourra alors espérer que l’Homme réhabilite les valeurs de confiance, de bienveillance et d’amour en lieu et place des valeurs qui sont les siennes actuellement, le profit, la compétition, la peur.

« Alors tu veux faire croire que c’est facile de suivre une voie différente, pour donner envie à d’autres de s’engager sur ce chemin ? »

Non, je veux témoigner de toutes les facilités et de toutes les difficultés que je rencontre sur ce chemin, je ne voudrais surtt pas donner une idée fausse.

Par exemple, j’avais trouvé (avant même de commencer à chercher) la maison idéale pour accueillir mes stages, mon salon (50 m2) pouvait devenir le temps des stages une belle salle de groupe et moyennant quelques travaux, toute une partie de la maison m’aurait  permis de loger mes stagiaires (grand espace pour loger jusqu’à 10 personnes avec leurs deux salles d’eau, salle à manger, salon et cuisine privatifs), ainsi qu’un patio partagé avec moi et qu’un grand jardin pour la permaculture (2300 m2) qui était aussi un de mes projets. Mais les travaux (aujourd’hui terminés) sont venus à bout de toutes mes économies.

D’autre part, j’ai dépensé beaucoup d’argent en publicité pour mes stages sur le net, mais je n’ai toujours aucune inscription, donc aucune entrée d’argent et tous les petits boulots et moyens accessoires pour gagner de l’argent que j’avais envisagés et pour lesquels j’ai dépensé de l’argent en publicité, n’ont débouché sur rien.

J’ai pensé à louer des chambres d’hôtes en attendant le démarrage de mon activité professionnelle, de ce fait, j’ai envisagé de faire poser un chauffe eau solaire et des panneaux photovoltaïques pour l’électricité, ces travaux, qui me permettraient de mieux rentabiliser la location des chambres, me sont pour l’instant inaccessibles financièrement.

J’ai aussi appris lors de mon stage de permaculture que le climat méditerranéen était le pire pour les plantations puisqu’il faudrait concomitamment chaleur et pluie et jamais de gel. Or ici les étés sont très secs et l’hiver il peut geler… Le climat idéal étant le climat tropical (chaud et humide et sans risque de gel, le contraire du climat méditerranéen). Ayant la chance d’avoir une source dans mon jardin (j’ai fait intervenir un sourcier), j’ai pensé faire creuser un forage pour l’eau pour me permettre d’arroser mes plantations au démarrage de la permaculture (et même faire raccorder à la maison l’eau de ma source). Mais là aussi mes finances étant ce qu’elles sont, cela m’est pour le moment inaccessible.

Alors j’alterne les moments d’euphorie de l’installation et du démarrage d’une activité avec les moments de découragement. Peut-être faudrait-il que je revende cette maison devenue trop grande si elle ne sert pas à accueillir des stagiaires pour m’installer dans plus petit et débloquer de la sorte un peu d’argent pour vivre en attendant que mon projet professionnel ne démarre. Peut-être devrais-je changer de projet pro, j’ai pensé à un bar à jus de légumes « thérapeutiques », en fonction des pathologies de chacun, je pourrais orienter les uns et les autres vers tel ou tel légume ou fruit ou herbe et leur confectionner un jus sur mesure. J’ai plusieurs idées, mais l’investissement de départ, toute la paperasse, les retenues de l’état et tous les faux frais me font reculer.

J’ai souvent le rêve fou de partir vivre sous les tropiques (pas de facture de chauffage), habiter une case toute simple (pas de travaux à financer), de cracher mes noyaux à même la terre autour de mon logis pour y faire pousser des arbres fruitiers sans arroser (pas de dépenses d’eau) et me nourrir en cueillant les fruits des grands arbres alentour (autonomie alimentaire plus accessible), de monter un bar à jus dans un camion itinérant (législation moins dissuasive qu’en France dans certains pays d’Amérique du sud ou dans certaines iles du pacifique), et de vivre de presque rien (coût de la vie très faible dans certains de ces pays).

Une vidéo de 50 min de Myriam qui a quitté ses problèmes d’alcool et de cocaïne en Belgique pour partir vivre sous les tropiques en Casamance au Sénégal :

Si 50 min c’est trop long pour toi, tu peux avoir une idée en visionnant seulement la bande annonce :

« Alors tu décides quoi in fine ? »

Je ne sais pas, je suis dans l’accueil de ce qui adviendra, je pars du principe que si je suis sur mon chemin de vie, il adviendra ce qui est juste pour moi. Si mes stages n’attirent personne, peut-être cela signifiera-t-il que le moment sera venu pour moi de changer de projet pro ou bien de prendre le chemin des tropiques, lorsqu’on est dans l’accueil, on évite d’être dans la peur du lendemain.

Ce qui me retient de partir vers les tropiques, est que cela m’éloignerait géographiquement de mes enfants, de mes amies aussi et bien sûr de mon adorable famille de Perpignan qui me réchauffe le cœur tous les jours.

Mais les tropiques me semblent un plan B beaucoup plus attirant que mon plan B initial qui était de trouver un travail dans la région et de retomber dans le système esclavagiste du monde du travail actuel, quitte à avoir des heures de voiture (moi qui n’aime pas conduire !) puisque j’habite maintenant en rase campagne.

Avec ttes mes formations, je me disais que je trouverais sans problème, si besoin, un travail de psychologue, ou d’instit, ou d’instit spécialisée pour les enfants présentant des problèmes psychologiques, mais après toutes mes recherches, je me rends compte qu’il n’y a aucun débouché dans la région (ce qui explique en partie le coût de la vie relativement faible dans cette région et le taux de chômage très élevé), je suis condamnée à gagner ma vie en créant mon propre emploi ou bien, au pire, à partir vivre sous les tropiques.

Cette condamnation me convient parfaitement !

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