Mazel Tov !

ATTENTION : avant de lire cet article, je t’invite à relire ma page d’accueil  en suivant le lien suivant :

ça va mieux en le disant

Je dédie cet article à un ami qui m’a dit, il y a quelques semaines avoir éprouvé de la peine à l’annonce de mon divorce, il se reconnaîtra ici.

(je n’ai pas trouvé comment mettre un astérisque après Mazel Tov pour en expliquer la signification, alors je le fais ici : « Bonne chance » en hébreu, littéralement « bonne étoile », c’est traditionnellement ce qu’on souhaite aux jeunes mariés)

Mazel Tov ! donc, mais garde ton nom de jeune fille !

Loin de moi l’idée de décourager les futurs mariés, d’autant que mes enfants sont en âge de se marier, mais ça n’empêche pas quelques réflexions sur cette institution.

En l’écrivant, je me rends compte du ridicule de cette expression : « en âge de se marier », comme j’aurais dit « en âge de voter », ou « en âge de gagner leur vie », comme si c’était un devoir civique ou un passage obligé…

Ce sont les difficultés, nombreuses et variées, que m’a occasionné mon retour à mon nom de jeune fille depuis que je suis divorcée qui m’ont inspiré ces quelques réflexions sur le mariage, pas seulement sur le nom de jeune fille, mais sur tout ce qu’une femme doit surmonter lorsqu’elle prend le nom de son époux et (si elle divorce ou dois-je dire quand elle divorce tant cela est banal) lorsqu’elle reprend son nom de jeune fille.

« Encore un article féministe ! »

Non, encore un article lucide et, messieurs, vous êtes des lecteurs bienvenus, je serais d’ailleurs très heureuse que des représentants de la gente masculine laissent leur avis en commentaire.

Donc, à moins de s’appeler « Salope » ou « Débile », auquel cas changer de nom sera probablement un soulagement (et il y a fort à parier que cette femme demandera à conserver son nom marital après son divorce), changer de nom est toujours une épreuve.

« Pas quand tu as eu une enfance difficile et que le nom de ton père te renvoie à cette période douloureuse »

Je suis d’accord et j’y viens. En effet, quand tu es une femme, tu passes du nom de ton père à celui de ton époux et la vraie difficulté se profile lorsque entre les deux tu n’as pas eu le temps et/ou la possibilité de faire tien le nom de ton père.

Une fois de plus je vais me prendre en exemple, non que j’aie la prétention d’être un exemple, mais mon expérience est celle que je connais le mieux et elle a le mérite d’avoir l’accent du vécu.

Après une enfance de maltraitance où j’étais l’objet de mes parents, j’ai été ravie d’abandonner le nom de mon père qui avait dû le sentir puisqu’à la veille de mon mariage il m’a dit : « tu es et resteras toujours une Machin » (ce que j’ai interprété comme tu es et restera toujours ma possession).

J’ai donc pris de gaité de cœur le nom de mon mari que je trouvais cependant beaucoup moins agréable, pour diverses raisons, que mon nom de jeune fille. Je me suis, au fil des ans, rendue compte que ce changement de nom me faisait entrer dans une lignée dont je ne partageais pas les valeurs… Et lorsque j’entendais en guise de reproche : « chez les Bidule on a toujours fait comme ça » j’avais envie de répondre : « mais je ne me reconnais pas comme une Bidule ».

Puis j’ai entrepris des études à plusieurs reprises au cours de ma vie maritale et ai eu un plaisir infini à être identifiée par mon nom de jeune fille. Il est vrai qu’entre temps j’avais commencé ce qui devait s’avérer être une trèèès longue analyse, pour surmonter mes blessures d’enfance, j’avais donc eu tout loisir de commencer à me réconcilier avec le nom de mon père.

Une anecdote à ce sujet : lors d’un examen universitaire, ne trouvant d’étiquette à mon nom sur aucune place, la liste des noms dans l’ordre alphabétique sautant, sans scrupules aucuns, mon nom de famille, j’ai failli louper le début de l’examen, lorsqu’un surveillant ayant repéré ma détresse, m’a demandé ma convocation et m’a dirigée vers la salle des noms à l’initiale de mon nom de naissance. Force de l’habitude, je cherchais mon nom marital !

Ayant épousé mon mari alors que j’étais encore étudiante en chirurgie dentaire, le moment venu de poser ma plaque, j’avais pris un malin plaisir à faire imprimer « Docteur Bidule » par vengeance envers mes parents qui attendaient, bien sûr, « Docteur Machin ». A ma décharge : je n’avais pas encore commencé mon analyse. Mais j’ai vite déchanté, mon beau-père ayant eu l’attitude que je reprochais à mes parents, me présentant à toutes ses connaissances comme le « Docteur Bidule » se gonflant d’orgueil comme si je lui appartenais et qu’il y était pour quelque chose !

« C’est vieux tout ça, dis donc tu rumines ! »

Je ne rumine pas, mais avec le déménagement, je suis retombée sur cette plaque très récemment et ça a fait remonter une bouffée de souvenirs.

Bref, tout ça pour dire qu’à la réflexion tu peux changer de nom si tu veux, mais sois certaine d’avoir fait tien celui de ton père. Autre solution prends les deux noms : Machin-Bidule, ce qui te permettra par la même occasion de porter le même nom que tes enfants, cela peut faciliter les choses ne serait-ce qu’à l’école.

Avant de passer au changement dans l’autre sens (après le divorce), examinons les énoncés lors de la cérémonie du mariage :

« Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance. (…) Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie ». Et tout cela « jusqu’à ce que la mort les sépare… »

Il me semble qu’on ne devrait pas entrer dans le mariage (ou toute union entre deux êtres qui s’aiment) pour des raisons de sécurité, mais plutôt, sachant que tout l’amour, toute l’affection, toute la compréhension, toute la compassion, toute la force est en chacun de nous, nous devrions entrer dans le mariage dans l’espoir d’offrir tout cela à l’autre.

On ne devrait pas entrer dans le mariage pour se limiter, ou se contrôler l’un l’autre. Le mariage ne devrait pas être une production d’obligations, mais plutôt une offre d’occasions, d’occasions de croître ensemble, de pleinement s’exprimer, d’élever sa vie, de guérir chaque idée fausse ou mesquine qu’on ait eu à propos de soi-même.

Ce devrait être un partenariat, une communion permettant le partage égal des responsabilités, de l’autorité ainsi que des fardeaux et des merveilles qui peuvent survenir.

Le mariage devrait être l’occasion de se témoigner tous les jours son amour, son amitié, son affection inconditionnels.

Ne serait-il pas plus pertinent de se promettre de rester mariés tant que ses sentiments pour l’autre sont sincères, tant que la communauté de vie n’est pas une obligation et jusqu’à ce que nos chemins de vie nous séparent s’il y a lieu ? Et bien sûr de rester unis au delà du mariage par l’affection tissée et cultivée pendant cette période de vie commune ?

Lorsque pour une raison ou une autre on en arrive au divorce, si tu es une femme, tu auras probablement le désir de reprendre ton nom de jeune fille.

Juste deux petites vignettes des obstacles que l’on peut rencontrer en tentant de reprendre son nom de jeune fille :

En divorçant, disposant de moins d’argent, j’ai réduit la voilure, j’ai trouvé un opérateur téléphonique qui offrait sensiblement le même forfait de portable qu’Orange pour beaucoup moins cher. Je me suis présentée par mon nom de naissance, ils n’avaient aucune raison de connaître mon nom marital. Or quelle n’a pas été ma surprise de recevoir ma première facture à mon nom marital ! J’ai fini par comprendre qu’Orange qui avait assuré la portabilité du numéro leur avait fourni ce nom qui était celui auquel j’avais souscrit mon contrat des années auparavant.

Je tentai donc de faire changer mon nom marital contre mon nom de naissance auprès de mon nouvel opérateur. Or celui-ci me demanda alors pour ce faire d’adresser un courrier en recommandé avec photocopie de l’acte de divorce ! Furieuse, j’ai répliqué que j’avais souscrit ce contrat à mon nom de jeune fille et n’avais quoi qu’il en soit pas à me justifier d’un divorce ou de quoi que ce soit d’autre pour utiliser mon nom de naissance. Il a tout de même fallu de que fasse un courrier, même si j’ai obtenu de ne pas l’envoyer en recommandé.

J’ai aussi tenté de faire suivre mon courrier par la poste à ma nouvelle adresse. Ne souhaitant pas retourner pour cela au bureau de poste de mon ancien domicile à Grenoble, j’ai décidé de le faire en ligne. Or rien n’est prévu pour un changement de domicile ET de nom ! Pas de petite case correspondant à mon cas. Mon courrier aurait été renvoyé à ma nouvelle adresse mais à mon nom marital qui bien sûr ne figure pas sur ma nouvelle boîte aux lettres !

Je reçois aussi certains courriers à ma nouvelle adresse mais à mon nom marital (que la factrice dépose dans ma boîte aux lettres après y avoir apposé un gros point d’interrogation…) et suis obligée chaque fois (puisque je refuse d’apposer mon ancien nom marital sur ma boite aux lettres) d’appeler le service concerné en expliquant (qd je parviens à avoir un humain au bout du fil, après avoir tapé 3 puis 1 puis etc… tentant de deviner dans quel cas on gagne le privilège de parler à un humain) pour la énième fois qu’il faut envoyer les courriers à mon nom de jeune fille.

Voilà la quadrature du cercle à laquelle est confrontée une femme qui divorce et souhaite reprendre son nom de naissance.

« Cet article, c’est n’importe quoi, aucun rapport avec oser sa vie »

Si, oser sa vie ça peut aussi passer par la décision de divorcer si on constate que notre mariage n’a plus lieu d’être.

Et puis lorsqu’on change son régime alimentaire, son mode de vie et son chemin spirituel pour aller vers quelque chose de plus sain, si le conjoint ne partage pas notre façon de voir les choses et qu’il n’est pas suffisamment tolérant, ça peut entraîner ou précipiter un divorce.

J’ai toujours pensé que les interdits alimentaires des religions, par exemple, avaient pour but d’empêcher (ou au moins de rendre moins aisés) les mariages inter-religieux.

Il est grand temps d’apprendre à partager la même table sans forcément partager le même menu, comme au restaurant ou comme à l’école aux Etats-Unis où chacun apporte sa lunch box de chez lui.

« Pourquoi ? Ils n’ont pas inventé la cantine là-bas ? »

Eh bien, essaie un peu de concocter un repas de cantine pour une population aussi diverse : il y a les végétariens qui ne mangent ni viande ni poisson, les végétaliens qui ne mangent pas non plus d’oeufs, de laitages, ni de miel, les enfants élevés aux hamburgers qui refusent les légumes, les indiens qui ne mangent pas de vache sacrée, les juifs et les musulmans qui ne mangent pas de porc, je passe tous les allergiques diagnostiqués (arachides, laitages, gluten, etc… qui se multiplient) et j’en oublie sûrement.

C’est ce que je propose dans mes stages et séjours, manger libres mais ensemble : chacun apporte de quoi préparer son repas et chacun mange ce qui convient le mieux à ses goûts, à son état de santé et à son niveau d’évolution du moment dans son changement de régime, éventuellement à ses croyances religieuses, mais tous peuvent manger ensemble s’ils le souhaitent.

4 réflexions sur « Mazel Tov ! »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :